jeudi 17 septembre 2009

A quoi servira le SeaOrbiter ?


La première plate-forme dérivante d'observation des océans devrait être construite l'année prochaine. Son intérêt scientifique reste à prouver.


Jacques Rougerie est sur le point de toucher terre. Voilà dix ans que cet architecte, passionné par la mer, tente de faire aboutir son projet de SeaOrbiter. Il s'agit d'une plate-forme dérivante d'observation des océans. Les esquisses montrent un « bateau vertical » doté de très larges hublots. L'engin mesure 51 mètres, dont 31 sous la mer. Six membres d'équipage et douze invités (scientifiques, techniciens, etc.) se répartiront sur neuf ponts : quatre en surface et cinq immergés, dont deux pressurisés pour accueillir des plongeurs. Des appareils de mesure seront installés le long de la structure, tous les 25 centimètres. « Le SeaOrbiter constituera une immense plate-forme technologique d'observation et d'analyse des océans, équipée de capteurs permettant, entre autres, d'étudier les paramètres liés au climat ou à la biodiversité marine : il complétera le dispositif actuel de bouées, navires et satellites océanographiques » , s'enthousiasme Jacques Rougerie, interviewé sur sa péniche parisienne, amarrée au port des Champs-Elysées, à quelques encablures de l'Académie des beaux-arts, où Jean-Louis Borloo lui a remis son épée d'académicien en juin dernier.

Retrouvez la suite de cette enquête sur le site des Echos : http://www.lesechos.fr/info/metiers/020138451832-a-quoi-servira-le-seaorbiter--.htm

Jacques Henno

Article publié le 17 septembre 2009 dans le quotidien Les Echos

(copyright photo : Jacques Rougerie)

mercredi 8 juillet 2009

Les écolabels en quête d'une image plus claire


Le programme Energy Star impose des critères plus contraignants aux fabricants de matériels informatiques. Même si, vu le manque de notoriété des écolabels, les entreprises françaises ne ressentent pas le besoin de les afficher sur leurs produits…

Depuis le 1 juillet, les fabricants d'ordinateurs, d'imprimantes et de scanners souhaitant apposer sur leurs matériels l'écolabel Energy Star doivent respecter des critères plus stricts en termes de consommation d'électricité. Soutenant le programme Energy Star avec l'Agence américaine pour la protection de l'environnement, la Commission européenne espère que ces nouvelles contraintes, une fois appliquées à tous les équipements de bureau, permettront d'économiser 22 térawattheures d'électricité en Europe d'ici à six ans (l'équivalent de la consommation annuelle de l'Irlande).

Seul problème : la visibilité du symbole d'Energy Star parmi les quelque 300 écolabels qui, selon le site américain Ecolabelling.org, se disputent l'attention du grand public. Rien qu'en Amérique du Nord, il y en aurait 82. Et pas moins de 118 en Europe ! « Aux Etats-Unis, on voit apparaître un nouvel écolabel presque chaque semaine », sourit Scot Case, directeur général du programme nord-américain EcoLogo, très populaire au Canada. Un vrai bazar où se côtoient des labels internationaux, nationaux ou des récompenses autodécernées par les entreprises. Comme le Flybe Aircraft Ecolabel que la compagnie aérienne régionale Flybe a apposé sur ses propres avions !

Lire la suite de cette enquête sur le site du quotidien Les Echos : http://www.lesechos.fr/info/metiers/02056600154-les-ecolabels-en-quete-d-une-image-plus-claire.htm

Jacques Henno

Article paru dans Les Echos le 8 juillet 2009.

lundi 6 juillet 2009

L'éco-conception se pratique en club

Lancé en 2007 par des passionnés de l'éco-conception, ce regroupement d'entreprises est désormais ouvert à de nouveaux membres.

L'éco-conception fait des émules et devient un passage obligé. Pourquoi ne pas s'inspirer des meilleures pratiques des sociétés les plus avancées en la matière ? C'est l'objectif du regroupement d'entreprises baptisé « Creer » (Cluster Research : Excellence in Ecodesign & Recycling), qui va justement pouvoir accueillir de nouveaux adhérents, grâce au statut d'association dont il vient de se doter. Ce club dédié à l'éco-conception et au recyclage a été lancé en mars 2007 par six industriels (Areva T&D, SEB, Plastic Omnium, Renault, Steelcase et Veolia Environnement), le Cetim (Centre technique des industries mécaniques) et l'Ensam (Ecole nationale supérieure d'arts et métiers) de Chambéry. La définition est précise. Il s'agit de concevoir des produits en minimisant leurs impacts sur l'environnement, tout au long de leur cycle de vie, depuis l'extraction des matières premières qui entrent dans leur composition jusqu'à leur recyclage. Et
la démarche ne s'improvise pas.

Lire la suite sur le site des Echos : http://www.lesechos.fr/info/metiers/02052983884-l-eco-conception-se-pratique-en-club.htm

Article paru dans le quotidien Les Echos le 6 juillet 2009

Jacques Henno

mardi 9 juin 2009

La France a-t-elle déjà perdu la bataille des énergies des mers ?

Les Anglo-Saxons dominent largement la filière, émergente, des énergies marines renouvelables. L'arrivée de DCNS sur ce marché peut-elle changer la donne ?

Avec plus de 10 millions de mètres carrés, la France possède la deuxième aire marine mondiale, derrière les Etats-Unis », aime à rappeler Chantal Jouanno, secrétaire d'Etat chargée de l'Ecologie. Un atout de taille, a priori, pour profiter d'une énergie gratuite : celle de la mer. « En quarante minutes, le soleil envoie toute l'énergie dont l'humanité a besoin pendant un an, rappelle Jean-Louis Bal, directeur des énergies renouvelables à l'Ademe (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie). Or cette énergie solaire est capturée à 75 % par la surface de la mer, où elle se transforme en vent, en eau chaude, en courants... » Malheureusement, le retard de l'Hexagone dans le domaine des EMR (énergies marines renouvelables) est patent. « Actuellement, de par le monde, il y a quelque 80 projets d'EMR : une trentaine en Grande-Bretagne, moins de 20 aux Etats-Unis et à peine 5 en France », a constaté Alain Clément, directeur du laboratoire de mécanique des fluides à l'Ecole centrale de Nantes, lors d'un colloque que l'Ecole navale avait organisé à Brest en février dernier.

« Une filière est en train de se créer : si l'Etat français ne prend pas le train en marche, elle va être dominée par les Anglo-Saxons », résume Michel Paillard, un des rapporteurs d'Ipanema (Initiative partenariale nationale pour l'émergence des énergies marines, signée en octobre 2008, par une centaine d'acteurs, dont Alstom, Areva, EDF, Total...).
Pari risqué

Pour certains, la bataille de l'énergie des vagues (machines houlomotrices) et celle des courants (hydroliennes) seraient déjà perdues. Restent éventuellement les marchés des éoliennes offshore et de l'ETM (énergie thermique des mers). Deux créneaux auxquels s'intéresse justement le groupe DCNS - ex-DCN, Direction des chantiers navals -, spécialiste de l'ingénierie navale militaire, avec 2,8 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2007 et 12.700 collaborateurs. Ce nouveau venu sur le marché des EMR y affiche de grandes ambitions. « Les exportations de matériels navals militaires, les énergies et les services devraient représenter la moitié de notre chiffre d'affaires d'ici à dix ans, contre 25 % aujourd'hui », espère Frédéric Le Lidec, directeur du développement mer du groupe DCNS.

Première - petite - étape de ce redéploiement vers les EMR : DCNS a signé en avril dernier un accord avec le Conseil régional de La Réunion pour étudier l'installation d'un démonstrateur de l'énergie thermique des mers sous forme d'une plate-forme ancrée au large de l'île. La région et DCNS vont investir, respectivement, 655.000 et 400.000 euros.

Le pari est pour le moins risqué. Avec cette technologie, on exploite les différences de température entre la surface de la mer (chaude) et les eaux en profondeur (froides). Un fluide - eau de mer, ammoniac... - passe de l'état liquide à l'état vapeur dans un évaporateur dans lequel circule de l'eau chaude puisée en surface. La vapeur est détendue dans une turbine qui entraîne un alternateur et elle produit ainsi de l'électricité. Puis la vapeur passe dans un condenseur où, au contact de l'eau froide pompée en profondeur, elle retourne à l'état liquide.

L'un des handicaps, c'est que cela ne fonctionne pas partout. Il faut une différence d'au moins 20 degrés, tout au long de l'année, entre l'eau en surface et celle en profondeur. Seule la zone intertropicale répond à ce critère. Un rapport publié l'an dernier par l'Ifremer (Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer) estime que l'énergie thermique des mers représentera une puissance installée de 200 MW (soit, à peu près, un sixième de la puissance offerte par un réacteur nucléaire civil) en 2030 dans les DOM-TOM.
Défis techniques

Autre souci, les défis techniques sont nombreux : corrosion des matériaux, résistance aux ouragans fréquents dans les tropiques... Malgré cela, l'intérêt pour cette approche semble renaître. Le gouvernement américain a octroyé en octobre dernier 1,2 million de dollars (850.000 euros) à Lockheed Martin, plus important groupe industriel d'armement dans le monde, pour développer des tuyaux destinés à l'ETM. « Les conduites constituent un des points clefs de cette technologie », confirme Jean Marvaldi, ingénieur à l'Ifremer de Brest, où il est, entre autres, membre du groupe de projets Energies renouvelables marines : « Une centrale de plusieurs dizaines de mégawatts réclamera des conduites de 5 mètres de diamètre et de 900 à 2.000 mètres de longueur. » « Pour le démonstrateur de La Réunion, nous envisageons d'utiliser une tuyauterie rigide en composite de 1.000 à 1.100 mètres de long, détaille Daniel Bathany, chef de projet ETM générique chez DCNS. Pour découpler ces tuyaux rigides des mouvements du flotteur, nous relierons les deux par des conduites souples. » D'une façon générale, toutes les technologies retenues pour La Réunion seront des « technologies disponibles sur étagères ». Une sage façon de réduire les « fortunes de mer », comme disent les marins...

Jacques Henno (article paru dans Les Echos, le 5 juin 2009)

samedi 11 avril 2009

Des arbres sous surveillance électronique


L'Inra a mis au point un capteur qui mesure la croissance des plantes. Déjà expérimenté par Michelin, il le sera bientôt par la ville de Paris.

Le PépiPiaf est l'exemple même d'un procédé ancien que les nouvelles technologies et les contraintes environnementales remettent au goût du jour. En 1985, l'Institut national de la recherche agronomique (Inra) a déposé un brevet pour Pépista, un capteur que l'on fixait directement sur le tronc ou la branche d'un arbre pour en mesurer le diamètre. L'appareil était relié par un câble à un boîtier électronique qui enregistrait chaque heure la croissance ou la décroissance de l'arbre au centième de millimètre près. « Le PépiPiaf repose sur le même principe, c'est-à-dire la mesure très fine de la croissance de l'arbre pour en déduire ses besoins en eau », explique Thierry Ameglio, directeur de recherche à l'Inra au sein du laboratoire PIAF (Physique et Physiologie Intégratives de l'Arbre Fruitier et Forestier).

Dès la levée du jour, un arbre se contracte très légèrement, à cause de la transpiration générée par la chaleur ambiante ; dans l'après-midi et jusqu'au coucher du soleil, la transpiration diminue, l'arbre récupère même de l'eau et son diamètre augmente. Un phénomène qui se poursuit la nuit. Lorsque l'arbre subit un « stress hydrique », à savoir un manque d'eau, les amplitudes des contractions journalières augmentent. Il faut alors déclencher un arrosage. « Mais le PépiPiaf est plus high-tech que Pépista », poursuit Thierry Ameglio. Grâce, entre autres, à des travaux menés par des étudiants en électronique, PépiPiaf comprend désormais un capteur de déplacement LVDT (Linear Variable Differential Transformer ou « capteur électrique passif de déplacements linéaires ») et un capteur de la température de l'air.
Liaison sans fil

Un boîtier alimente l'ensemble dont l'autonomie peut atteindre six mois, et stocke pendant 45 jours les données effectuées toutes les 30 minutes sur l'arbre. Enfin, une liaison sans fil transmet les informations dans un rayon de 150 mètres, vers un relais ou directement sur un PC. « Demain, le GSM permettra de s'affranchir en partie des problèmes de portée », estime Thierry Ameglio. Pépista n'a pas été à la hauteur des espoirs de l'Inra : son utilisation est cantonnée à la vigne et aux arbres fruitiers. Le PépiPiaf suscite plus d'espoirs. Depuis fin 2007, Michelin expérimente dix appareils dans ses plantations d'hévéas au Brésil. « Cet appareil nous permet de suivre de façon extrêmement fine le fonctionnement de l'arbre, parfois dans des conditions climatiques extrêmes, constate Eric Cavaloc, responsable agronomique du service plantation de l'équipementier. A plus long terme, il nous permettra peut-être de mieux piloter nos exploitations : peut-on intensifier la saignée ? Faut-il la ralentir ? » Toujours chez Michelin, un autre test devrait débuter en Afrique, dès que l'Inra aura livré une nouvelle génération d'appareils : quelques PépiPiaf brésiliens - dont le coût unitaire approche les 1.000 euros - ont vu leurs supports couper par des fourmis géantes ou leurs piles fuir et endommager les circuits électroniques. Enfin, la division des études végétales, de la Direction des espaces verts de la ville de Paris (95.000 arbres gérés), devrait essayer l'appareil à partir de cet été.

Jacques Henno
Article paru dans Les Echos le 7 avril 2009

lundi 30 mars 2009

Téléphones portables, antennes-relais, Wifi : quels dangers pour notre santé ?


Même les opérateurs de téléphonie mobile conseillent d'être prudent lors de l'utilisation d'un téléphone portable.

Les champs électromagnétiques ont toujours existé dans la nature : les charges électriques qui apparaissent dans l'atmosphère lors d'un orage donnent naissance à un champ électrique. De même, le champ magnétique terrestre serait utilisé par les oiseaux et les poissons pour se repérer.
L'homme est donc habitué à ces phénomènes naturels. Mais depuis une cinquantaine d'années, les champs électromagnétiques artificiels se sont multipliés avec l'apparition, un peu partout dans les pays développés, puis dans le reste du monde, d'antennes-relais pour la radio, la télévision et le téléphone mobile, situées à l'extérieur des bâtiments.
Depuis peu, il faut y ajouter les bornes Wifi qui permettent un accès sans fil à Internet dans les bureaux, les écoles, certains squares et chez soi. Bref, impossible d'y échapper.
Un tour sur le site cartoradio.fr de l'Agence Nationale des Fréquences, qui recense (presque) tous les émetteurs et relais présents dans l'Hexagone, donne le vertige. D'autant que les médias se font régulièrement échos de cas de cancers dans des endroits exposés aux faisceaux d'antennes-relais (comme, par exemple, malheureusement, l'archevêché de Lyon, située sur la colline de Fourvière).
Mais il y a peut-être encore plus inquiétant : le téléphone mobile, dont l'usage s'est généralisé à une vitesse phénoménale. La métropole française compte désormais quelque 53 millions de portables en activité.
Or, ce qu'il y a de nouveau avec le téléphone mobile, c'est que l'utilisateur peut coller son cerveau sur un champ électromagnétique. “Les premières études sur les conséquences de l'exposition de notre cerveau aux ondes du mobile ne sont pas rassurantes : il n'y a pas de certitude absolue, mais cela semble plutôt indiquer un risque", prévient le Docteur Annie Sasco. Ce médecin épidémiologiste du cancer fait partie, aux côtés de David Servan-Schreiber, des vingt experts internationaux, qui, en juin dernier, ont publié un manifeste - l"Appel des 20" - engageant à la prudence tous les propriétaires de portables.
Pour tenter d'y voir clair, Famille Chrétienne a contacté plusieurs organismes et experts. Ont répondu : deux signataires de l'Appel des 20 (le Dr Annie Sasco, donc, et Jean-Loup Mouysset, cancérologue), Stéphen Kerckhove, de l'association Agir pour l'Environnement, à l'initiative de la campagne TcherMobile, et l'Afom (Association Française des Opérateurs Mobiles).
Sur les antennes-relais de téléphonie mobile, l'Afom met en avant plusieurs rapports officiels concluant à l'absence de risque à vivre près de tels équipements. Les trois autres interlocuteurs demandent, eux, que les faisceaux de ces antennes-relais ne soient pas dirigés vers des bâtiments "sensibles", comme les écoles, que la puissance de ces appareils soit diminuée ou que leur installation fasse l'objet d'un "permis spécifique qui permettrait aux autorités locales de donner leur avis".
En attendant que de telles décisions soient éventuellement prises au niveau national, le citoyen lambda ne peut pas faire grand-chose, si ce n'est continuer à vivre au milieu de tous ces champs ou se lancer dans de longues procédures judiciaires.
Saisie par trois familles de Tassin-la-Demi-Lune, près de Lyon, la cour d'appel de Versailles a condamné en février Bouygues Telecom à démonter une antenne-relais et à verser 7 000 euros à chaque couple "pour exposition à un risque sanitaire." Quelques jours plus tard, SFR était à son tour condamné par le Tribunal de grande instance de Carpentras à démonter une antenne-relais à Châteauneuf-du-Pape.
Fait inhabituel : ces deux décisions de justice ont aussitôt été critiquées par l’Académie de Médecine. Cette société savante a rappelé qu’«on ne connaît aucun mécanisme par lequel les champs électromagnétiques dans cette gamme d’énergie et de fréquence pourraient avoir un effet négatif sur la santé. »
En revanche, sur le téléphone mobile, tout le monde - y compris l'Afom - est d'accord pour dire que dans le doute, il faut appliquer le principe de précaution et diminuer le plus possible son exposition personnelle. Et là, bonne nouvelle, tout le monde peut faire quelque chose. Voici la synthèse des conseils à appliquer :

1 Pas de téléphone mobile pour les enfants (reste à savoir ce qu'est un enfant : certains parlent de moins de 12 ans, d'autres de moins de 15 ans ; aux parents de décider). La croissance de leur organisme en développement les rend particulièrement vulnérables à tous les rayonnements électromagnétiques.

2 Choisir un mobile à faible DAS (Débit d'Absorption Spécifique : le DAS mesure le niveau maximum d'ondes radio auquel vous pouvez être exposé en utilisant cet appareil). Tous les téléphones mobiles commercialisés en France doivent avoir un DAS inférieur à 2 W/kg, mais certains appareils ont des DAS beaucoup plus faibles que les autres.

2 Si possible, ne pas porter son téléphone près de son cœur, de l'aisselle, des hanches ou des parties génitales. Tenir l'antenne du téléphone la plus éloignée possible de soi. Même lors de l'envoi d'un SMS.

3 Toujours utiliser l'oreillette « filaire » (encore appelée "kit piéton") livrée avec votre téléphone afin d'éloigner l'appareil de votre oreille (et de votre cerveau) le temps de la conversation.

4 Ne téléphoner que dans des conditions de réception maximale : l'écran doit afficher les "4 barrettes" de réseau, pas moins. Pour chaque barre manquante, le rayonnement émis par le portable pour se connecter serait multiplié par 2.

6 Ne pas téléphoner en se déplaçant (train, voiture, bus, pied, cheval, vélo, bateau, patinette, roller, etc.). Un mobile en mouvement émet plus d'ondes.

7 Eloigner le mobile de soi et le maintenir à la verticale le temps de joindre son correspondant (tant que la première sonnerie n'a pas retenti).

8 La nuit ne pas dormir avec son portable à proximité. Mieux vaut l'éteindre.

Un dernier conseil, mais qui ne concerne que la borne Wifi : si vous pouvez*, la nuit, éteignez-la !

Jacques Henno

(article paru dans Famille Chrétienne le 19 mars 2009)
* attention, si vous possédez une "Box", à ne pas couper votre téléphone.

mercredi 18 mars 2009

« Ecoship », un navire militaire conçu pour respecter la mer


Le constructeur naval, DCNS propose un concept de navire militaire entièrement écologique et surtout étudié selon les canons de l'éco-conception.

Avec ses deux coques et le cerf-volant qui le traîne, ce bâtiment militaire ne passera pas inaperçu. Pour l'instant, il ne s'agit que d'un concept, baptisé « Ecoship » (« navire écologique ») et présenté par la branche ingénierie de DCNS (ex-DCN, Direction des chantiers navals). Sa maquette fut l'une des vedettes de la Journée sciences navales, organisée le mois dernier par l'Ecole navale, près de Brest. « Pour nous, marins, qui sommes là pour défendre la mer, la protection de l'environnement est primordiale, a souligné l'amiral Pierre Soudan, commandant de l'Ecole navale. Les officiers que nous formons doivent prendre en compte l'éco-conception des navires. »

L'éco-conception ? Il s'agit de réfléchir, dès la conception d'un produit, à son impact sur l'environnement, et ce tout au long de son cycle de vie : fabrication, utilisation (pendant trente à quarante ans, pour les navires de la marine française), entretien et démantèlement. Les péripéties du « Clémenceau » ont montré l'importance de ce dernier point... DCNS semble signer là une première. « Je n'ai pas trouvé de réflexion aussi avancée dans d'autres marines étrangères », avance Richard Matez, expert pour la protection de l'environnement dans les navires militaires à la DET (Direction de l'expertise technique), de la DGA (Délégation générale pour l'armement). Moins d'un an a été nécessaire pour dessiner « Ecoship ». « Notre objectif était de réduire de moitié la facture carbone du navire », détaille Pierre Quinchon, directeur de la division navires armés de DCNS. « Nous n'avons utilisé que des technologies existantes, précise Philippe Goubault, architecte d'ensemble, pour les bâtiments de surface, chez DCNS Ingénierie. Ce qui veut dire que nous serions capables, aujourd'hui, de construire ce navire. »
Structure en aluminium

L'entreprise est partie d'un besoin de la Marine nationale : celle-ci doit bientôt remplacer les quatre Batral (bâtiments de transport léger) qu'elle déploie dans les DOM-TOM, par des bâtiments d'intervention et de souveraineté (BIS). Mais tout a été repensé : les matériaux (coque, revêtement...), la consommation et la récupération de l'énergie, le traitement des rejets (gaz, eaux usées...). Pour la partie flotteur, c'est la forme catamaran qui a été choisie, car elle exigerait 20 % de puissance propulsive en moins. Toute la structure sera en aluminium. « L'aluminium aurait un impact écologique négatif par rapport à l'acier : il faut plus d'énergie pour extraire et transformer la bauxite, avoue Philippe Goubault. Mais l'aluminium, plus léger, demande moins de puissance, et il est plus facile à recycler. » Une peinture antifouling sera appliquée sur la coque, pour empêcher les organismes marins de s'y fixer. L'objectif est double : diminuer la résistance (et donc la consommation de carburant) et transporter moins de « bestioles » d'un océan à l'autre (pour respecter la biodiversité). Les superstructures ont également été retravaillées : la cheminée sera un funnel, orientable pour réduire la traînée, voire pour servir de voile. Des « flaps » (volets articulés) permettront également d'améliorer l'aérodynamisme. Raffinement supplémentaire, comme dans les maisons les plus économes en énergie : une ventilation double flux. Le système récupère la chaleur (ou la fraîcheur) de l'air vicié extrait du bateau et l'utilise pour réchauffer (ou rafraîchir) l'air venant de l'extérieur. Pour la motorisation, une propulsion hybride (électrique jusqu'à 10 ou 11 noeuds et diesel au-delà) a été retenue. Une partie des eaux recyclées pourrait être injectée dans ces diesels, dans l'espoir de diviser par deux leurs émissions de monoxydes et de dioxydes d'azote. Enfin, un cerf-volant sera déployé pour soulager les moteurs. « Des cerfs-volants sont déjà proposés par la firme allemande SkySails, qui équipe deux porte-conteneurs, poursuit Philippe Goubault. Leur efficacité est étonnante : ils génèrent environ 10 % d'économie de carburant. » « Quelques pourcents, tout au plus, et ça ne fonctionne qu'à basse vitesse », tempère Richard Matez qui rejette en revanche catégoriquement une autre proposition de DCNS : installer des panneaux solaires souples, et donc repliables. « Je ne suis pas certain qu'ils soient exploitables en opérations », sourit-il... Au final, comparé à un navire classique, cet « Ecoship » émettrait 57 % de CO2 en moins. « Mais il serait plus cher de 15 % à l'achat », calcule Pierre Quinchon. « Un surcoût qui serait amorti en cinq ans, grâce aux économies générées », avance Philippe Goubault. Seul un vrai navire permettrait de le vérifier.
Jacques Henno (article paru dans Les Echos le 18 mars 2009)